Micro-irrigation

Catégorie : Agriculteur Publication : samedi 31 janvier 2015

Dans l’optique de mesurer les potentialités du goutte à goutte en grandes cultures (économies d’eau et gains de rendements), ARVALIS – Institut du végétal vient de mettre en place un essai sur la station expérimentale du Magneraud (17). 

La micro-irrigation est un ensemble de systèmes parmi lesquels on trouve le goutte à goutte. Cette technique consiste à n’apporter de l’eau que dans une partie du sol. En France, elle est surtout utilisée en arboriculture et en maraîchage. Mais le goutte à goutte est développée en grandes cultures en Israël et aux Etats-Unis, où le climat estival, chaud et sec, est à l’origine d’une évaporation importante du sol. En France, où les conditions sont moins extrêmes, on s’interroge sur l’intérêt de ce système par rapport aux systèmes traditionnels par aspersion (canons à enrouleur ou rampes d’irrigation).

Un regain d’intérêt pour le goutte à goutte

Le goutte à goutte est le seul système de micro-irrigation utilisable en grandes cultures. Il avait déjà fait l’objet de comparaison par ARVALIS – Institut du végétal au début des années 90. Mais à l’époque, ni économie d’eau ni gain de rendement n’avaient été constatés par rapport aux systèmes par aspersion.

Aujourd’hui, cette technique bénéficie d’un regain d’intérêt : l’évolution technologique des systèmes de goutte à goutte conduit à une baisse de charges, l’augmentation du coût de l’énergie est devenue préjudiciable à la rentabilité des systèmes actuels et les volumes d’eau alloués aux grandes cultures diminuent.

Ce sont les trois principales raisons pour lesquelles ARVALIS – Institut du végétal s’intéresse à la performance de ces systèmes de goutte à goutte en grandes cultures.

Des avantages attendus

Le goutte à goutte est susceptible d’apporter une économie d’eau, d’énergie, voire de main-d’œuvre pour les systèmes enterrés. Il permettrait également une meilleure efficience de l’azote apporté via l’eau d’irrigation, et sans doute un meilleur état sanitaire de la culture (surtout pour les systèmes enterrés) en limitant la pression des mauvaises herbes et des maladies.

Mais beaucoup de questions restent en suspens, notamment celles liées à sa rentabilité, son entretien, sa durée de vie et son potentiel dans les sols caillouteux, principales terres irriguées du Centre-Ouest de la France.

Pour y répondre, ARVALIS – Institut du végétal a mis en place sur sa station expérimentale du Magneraud (17), un dispositif comparant un système d’irrigation par aspersion à des systèmes de goutte à goutte enterré ou en surface.

Un dispositif unique en France

L’irrigation par aspersion est assurée par une rampe basse pression tractée par un enrouleur.

Le goutte à goutte enterré a été mis en place en cours d’hiver à 30 cm de profondeur. Quant au goutte à goutte laissé en surface, il a été déployé après la levée du maïs. Pour ces deux derniers, les lignes de goutteurs sont disposées tous les deux inter-rangs.

Plusieurs régimes d’irrigation (une conduite non restrictive en eau et 3 conduites plus ou moins restrictives) et de fertilisation azotée sont comparés pour chaque système d’irrigation. L’essai est conduit selon un dispositif en blocs avec 3 répétitions.

Le dispositif est équipé de systèmes de contrôle de l’humidité du sol (sondes à neutrons, sondes capacitives, tensiomètres) et d’un système de suivi des apports d’eau (compteurs volumétriques, pluviomètres).

Ce dispositif unique en France, mis en place pour 4 ans, permettra d’évaluer l’économie d’eau et les gains de rendements autorisés par le goutte à goutte. Si les résultats sont convaincants, l’institut va, dans une seconde phase, mettre au point des outils de pilotage pour les proposer aux irrigants intéressés par cette technique.

Source : Nicolas BOUSQUET (ARVALIS - Institut du végétal)

 

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